Activités théâtrales

de l’atelier de L’Arche

L’Arche et le théâtre

Émile Vézina, Le Sorcier, un des cinq grands tableaux exécutés par l’artiste pour sa pièce inachevée mettant en scène Shakespeare [dimensions inconnues]. Ces tableaux, Vézina les traîna avec lui toute sa vie, de déménagement en déménagement, d’où leur état dégradé (Université d’Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française [CRCCF], Fonds P21 Émile Vézina, Peinture à l’huile, [Bal masqué], P21-M6.02).

Les activités théâtrales de L’Arche commencent dès Émile Vézina, puisqu’Armand Leclaire vient rédiger auprès de son ami lettré, en plus de ses poèmes, ses pièces de théâtre dont la plupart ont la chance d’être représentées et avec succès. Vézina publiera dans Le Nationaliste des 16 et 23 avril 1911 une chaleureuse étude sur la pièce Le Ménestrel de Leclaire, qu’il a peut-être vu naître sous ses yeux à L’Arche. D’ailleurs, Vézina lui-même travaille pendant plusieurs années sur une pièce, Le Sorcier, dont le personnage principal est Shakespeare – une de ses grandes admirations littéraires–, pièce pour laquelle il exécutera de grandes illustrations à la gouache.

C’est probablement alors que Vézina est absent du pays et voyage en Europe et en Afrique du Nord d’octobre 1911 à mai 1912, que le comédien Paul Coutlée et ses amis utilisent l’atelier de la rue Notre-Dame pour des répétitions. Coutlée a été un des premiers monologuistes du Québec à se produire durant les entractes des pièces de théâtre. 

Armand Leclaire, Wenceslas Tremblay, Paul Leclerc, Paul-Émile Senay et Coutlée ont reçu leur formation au Conservatoire Lassalle entre 1907 et 1910, ainsi que leur camarade Juliette Béliveau qui se joignait parfois à eux : « Ces bohèmes étaient tous des gentlemen ; ils travaillaient beaucoup et refusaient de porter barbe et col roulé », se souvient la comédienne. Interprète de Leclaire, Juliette Béliveau partagea parfois la scène avec Paul-Émile Senay et poursuivit sa carrière dans le monde bohème jusqu’à son mariage en 1914, où elle fit une pause de quelques années.

Ami de Coutlée, le jeune Marc-Aurèle Fortin, récemment rentré de Chicago où il a étudié à l’Art Institute, en 1910, profite lui aussi de cet espace idéal qu’est l’atelier d’Émile Vézina.

Troupe de comédiens répétant à L’Arche. De gauche à droite : Albert Savard, Paul Coutlée (tenant un livre), Paul-Émile Senay, Paul Leclerc, Paul Copson (peintre) et Wenceslas Tremblay. Campé devant son chevalet et fixant le photographe, on reconnaît le peintre Marc-Aurèle Fortin. Sur le mur du fond, quelques-unes de ses œuvres et celles d’autres artistes de L’Arche (archives CRALA).

Le Casoar Édouard Chauvin aime le théâtre ; il a le goût des planches. En décembre 1916, lorsqu’il est élu président de la Faculté de droit, il soumet à ses condisciples un projet artistique, à savoir une pièce de théâtre jouée exclusivement par des étudiants de l’Université. Ce sera une première. Son choix se porte sur La Chasse aux corbeaux, d’Eugène Labiche, dont le personnage principal est un poète désargenté, du nom de Criqueville et qui, par des moyens tout aussi extravagants qu’inefficaces, cherche à se sortir de la dèche. Édouard Chauvin se réserve ce rôle. La pièce qui comporte dix-sept personnages demande de nombreuses répétitions et, à cet effet, il va sans dire que L’Arche est réquisitionnée.

Aux côtés de Chauvin, un nouveau venu dans le grenier de la rue Notre-Dame, Philippe Panneton, étudiant en médecine, incarne le rôle du notaire De Saint-Putois, rusé et bossu qui fait la vie dure à Criqueville…

La Chasse aux corbeaux est donnée le 6 février 1917 au Monument-National. Les journaux font un excellent accueil à cette performance nouveau genre et ne manquent pas de louer le talent de l’interprète principal qui « a compris son type à merveille » (J[ean] C[hauvin], « Un succès pour les étudiants en droit », Le Devoir, 7 février 1917, p. 4).

Distribution des rôles de La Chasse aux corbeaux, représentation du 6 février 1917, au Monument-National, avec Édouard Chauvin dans le rôle de Criqueville, et Philippe Panneton (futur Ringuet) dans celui de Saint-Putois (archives privées).

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